UBS pourrait bénéficier d'un allègement des récentes obligations en capitaux propres.
11/06/2026
Finance
Oui, un assouplissement est plausible dans la mesure où les autorités suisses peuvent calibrer la vitesse d’application et certains paramètres techniques (pondérations de risques, traitement des participations, déductions réglementaires) pour éviter un choc de capital trop brutal, surtout si l’objectif est de préserver la capacité de crédit en Suisse. Concrètement, “assouplir” ne veut pas dire “annuler” : cela signifie généralement plus de temps, des ajustements de calcul et/ou des exemptions partielles, ce qui peut changer la pression sur la rentabilité, les dividendes et la politique de prix des produits bancaires (hypothèques, lombards, crédits PME). Sur le terrain, l’impact se répercute souvent sur le coût du financement et sur les exigences de marge. Si une grande banque doit immobiliser davantage de fonds propres, elle cherche typiquement à compenser via (1) des spreads de crédit plus élevés, (2) des frais, (3) une sélection plus stricte des dossiers. À l’inverse, si la contrainte est allégée, la banque a plus de latitude pour maintenir des conditions commerciales stables. Pour un ménage, le différentiel peut sembler faible (p.ex. 0,10 à 0,30 point sur un taux hypothécaire), mais sur un prêt de 900’000 CHF, 0,20 point représente environ 1’800 CHF par an d’intérêts en plus ou en moins. Comme les intérêts passifs sont généralement déductibles de l’impôt (fédéral direct + cantonal/communal), le coût net dépend de votre taux marginal : à un taux marginal global de 30%, ces 1’800 CHF coûtent environ 1’260 CHF après impôt; à 40%, environ 1’080 CHF. Exemple concret : un couple marié à Lausanne avec 80’000 CHF de revenu imposable et une hypothèque de 700’000 CHF. Si le taux passe de 1,8% à 2,0% (différence 0,20), l’intérêt annuel augmente d’environ 1’400 CHF. S’ils ont un taux marginal combiné d’environ 25–30% (variable selon déductions et commune), la déduction d’intérêts réduit l’impôt d’environ 350 à 420 CHF. Le surcoût net reste donc proche de 980 à 1’050 CHF/an. Cela illustre pourquoi la discussion sur les fonds propres se traduit, très concrètement, par du pouvoir d’achat. Côté fiscal, il y a des optimisations mesurables à activer immédiatement, indépendamment des décisions prudentielles. Premièrement, maximiser le 3e pilier A : pour 2025, la déduction est de 7’056 CHF pour un salarié affilié à une caisse de pension (LPP). Pour un indépendant sans LPP, c’est jusqu’à 20% du revenu net, plafonné à 35’280 CHF. Un contribuable à Genève avec un revenu élevé et un taux marginal global de 35% économise typiquement ≈ 2’470 CHF d’impôts en versant 7’056 CHF (35% de 7’056), alors qu’un contribuable à Zoug avec un taux marginal plus bas économisera moins en valeur absolue, mais optimise quand même l’impôt fédéral direct et cantonal. L’action est simple : versement avant le 31.12 (date valeur banque), idéalement réparti sur plusieurs comptes 3a pour échelonner les retraits et réduire la progression. Deuxièmement, piloter les déductions liées au logement. En Suisse, vous pouvez généralement déduire les intérêts hypothécaires et choisir entre frais d’entretien effectifs et forfaitaires (selon canton). Une stratégie data-driven consiste à regrouper les travaux déductibles sur une même année fiscale où le revenu est exceptionnellement élevé (bonus, prime) afin de les “déduire” à un taux marginal supérieur. Scénario : un contribuable à Fribourg avec 140’000 CHF de revenu imposable une année (prime) et 110’000 CHF l’année suivante. En plaçant 18’000 CHF de travaux d’entretien déductibles l’année de la prime, l’économie d’impôt peut être supérieure de 500 à 1’500 CHF par rapport à un étalement, selon barèmes communal/cantonal et la progression à l’impôt fédéral direct. Troisièmement, optimiser AVS/emploi et déductions professionnelles. Les cotisations AVS/AI/APG sont prélevées à 5,3% côté employé (avec une part employeur symétrique), ce qui rend les optimisations de rémunération (bonus vs. contributions de prévoyance) pertinentes. Lorsque l’employeur permet un rachat LPP, un rachat de 10’000 CHF peut réduire directement le revenu imposable de 10’000 CHF. À un taux marginal de 30%, l’économie d’impôt est d’environ 3’000 CHF (attention : contraintes de retrait en capital et timing, notamment si vous envisagez un versement en capital à court terme). Quatrièmement, arbitrer canton de domicile et charge fiscale totale si vous êtes mobile. Les écarts de barèmes cantonaux/communaux restent majeurs : à revenu identique, la facture impôt cantonal/communal + impôt fédéral direct peut varier de plusieurs milliers de francs par an entre cantons “à faible fiscalité” (p.ex. Zoug, Schwytz) et cantons plus imposés (p.ex. Genève, Vaud), surtout au-delà de 150’000 CHF. Pour une famille imposable à 200’000 CHF, l’écart annuel peut facilement dépasser 10’000 CHF selon commune. C’est un levier bien plus puissant que de “gratter” quelques déductions, mais il doit être réaliste (emploi, école, trajets) et planifié. Enfin, si les banques ajustent leurs politiques de crédit sous l’effet des exigences de fonds propres, vous pouvez quantifier l’effet et agir : renégociation (objectif mesurable : réduire le taux de 0,10–0,25 point), amortissement indirect via 3a (double effet : intérêts plus bas + déduction 3a), et comparaison d’offres sur la base du coût net après impôt. Dans la pratique, sur une hypothèque de 800’000 CHF, obtenir 0,15 point de mieux représente ≈ 1’200 CHF/an d’intérêts bruts; avec un taux marginal de 30%, le gain net avoisine 840 CHF/an. C’est une optimisation simple, chiffrable et immédiatement pertinente dans un contexte réglementaire incertain.