Infracore présente ses intentions pour son introduction en Bourse
02/07/2026
Finance
L’annonce d’une entrée en Bourse crée presque toujours un “effet fiscal” immédiat pour les fondateurs, cadres et employés détenteurs de participations: la valeur des titres devient plus observable, les plus-values potentielles s’agrandissent, et le risque de requalification (revenu vs gain en capital) augmente. En Suisse, la règle de base est favorable: le gain en capital privé sur titres est en principe exonéré d’impôt sur le revenu, alors que le revenu (salaire/bonus) est imposable et soumis à l’AVS/AI/APG (environ 10.6% au total, partagé employeur/employé). Toute la planification consiste donc à sécuriser le traitement “gain en capital privé” et à éviter les pièges (options, actions gratuites, “transposition”, “commerce professionnel de titres”, départ à l’étranger). Premier point concret: identifier la catégorie exacte des instruments détenus (actions, options, RSU, actions de collaborateur). Les options/RSU sont typiquement imposées comme revenu au moment de l’exercice ou de l’acquisition définitive (vesting), avec AVS. Exemple chiffré: un cadre à Zurich reçoit 2’000 actions dont l’avantage imposable au vesting est de 50 CHF/action (valeur 100 – prix 50) = 100’000 CHF de revenu supplémentaire; à 35% de charge fiscale marginale canton+commune+impôt fédéral direct (ordre de grandeur courant à Zurich-ville pour hauts revenus) et ~5.3% de cotisation AVS côté employé, le coût immédiat peut dépasser 40’000 CHF. Action: demander un relevé détaillé des dates de vesting, du prix d’exercice, et simuler l’impôt par année fiscale; étaler autant que possible les événements imposables sur deux périodes fiscales (p.ex. exercice en janvier plutôt qu’en décembre) peut réduire la progressivité et économiser typiquement 1’000 à 5’000 CHF selon canton et niveau de revenu. Deuxième point: sécuriser le statut d’investisseur privé pour les actionnaires qui vendront après l’IPO. L’AFC publie des critères: si vous réalisez des gains importants et fréquents, utilisez du financement externe, ou dépendez de ces gains pour vivre, vous pouvez être qualifié de “commerçant professionnel de titres” (gains imposés comme revenu + AVS). Seuil pratique à surveiller: si les gains annuels dépassent clairement le revenu salarial et que les transactions sont récurrentes, le risque grimpe. Action mesurable: documenter une stratégie de détention (p.ex. conserver >6 mois, pas d’effet de levier, pas de produits dérivés), éviter le crédit lombard adossé aux titres IPO; l’économie potentielle est considérable: sur un gain de 500’000 CHF, passer d’un gain exonéré à un revenu imposable à 35–45% + AVS peut coûter 200’000 CHF ou plus. Troisième point: attention à l’impôt sur la fortune, souvent sous-estimé lors d’une introduction en Bourse. La fortune nette est imposée au niveau cantonal/communal, avec des taux typiques d’environ 0.1% à 1.0% selon canton et niveau de fortune. Exemple: un contribuable à Lausanne (Vaud) avec 3’000’000 CHF de titres voit une facture annuelle de plusieurs milliers à dizaines de milliers de CHF. Action: si vous détenez des blocs importants, préparer la liquidité pour l’impôt sur la fortune et l’impôt sur le revenu (si événements de vesting), et vérifier les dettes déductibles (hypothèque, prêt privé documenté) qui réduisent la fortune imposable. Une dette de 300’000 CHF peut réduire l’impôt sur la fortune de 300 à 3’000 CHF/an selon barème. Quatrième point: optimiser légalement la charge fiscale avant l’année de cotation via le 3e pilier (pilier 3a). Plafonds 2025 (ordre de grandeur stable): env. 7’000–8’000 CHF pour salariés affiliés à une caisse de pension et env. 20% du revenu net (plafonné à ~35’000–40’000 CHF) pour indépendants sans LPP. Exemple: une employée à Genève avec un revenu imposable de 120’000 CHF verse 7’056 CHF en 3a; à un taux marginal combiné de 30%, l’économie d’impôt est d’environ 2’100 CHF la même année. Astuce à impact: ouvrir 2 à 3 comptes 3a et échelonner les retraits sur plusieurs années à la retraite pour réduire l’impôt sur les prestations en capital (barème séparé, progressif). Cinquième point: rachat LPP (2e pilier) si votre caisse le permet, particulièrement si l’IPO déclenche une hausse de revenu (bonus) et donc une progressivité plus forte. Un rachat de 20’000 CHF peut générer 5’000 à 9’000 CHF d’économie d’impôt selon canton (taux marginal 25–45%). Attention: en cas de retrait en capital (p.ex. pour acquisition de résidence principale), un délai de blocage de 3 ans après rachat s’applique pour la déductibilité; planifier avant toute opération immobilière. Sixième point: calendrier et domicile fiscal. Le canton de domicile au 31 décembre (pour l’impôt sur le revenu et la fortune) est déterminant. Les écarts inter-cantonaux sont material: à revenu égal (p.ex. 150’000 CHF), la charge totale peut varier de plusieurs milliers à plus de 10’000 CHF entre cantons à fiscalité élevée et cantons plus modérés. Action: si un déménagement est déjà prévu (motifs professionnels/familiaux), sécuriser la date et la preuve de transfert (bail, attestation de résidence, scolarisation) avant le 31.12; un simple “changement administratif” sans centre de vie ne tient pas en cas de contrôle. Enfin, pour éviter les mauvaises surprises, constituer un dossier “IPO & fiscalité” avant la première transaction: plan d’actions/stock plan, relevés de vesting, preuves d’achat, conventions d’actionnaires, historique de détention, et simulation d’impôt fédéral direct + cantonal/communal + AVS. En pratique, cette préparation réduit fortement le risque de requalification et permet souvent des économies chiffrables de 3’000 à 15’000 CHF (3a/LPP/calendrier) et, surtout, protège des coûts à six chiffres liés à une mauvaise qualification fiscale lors de la vente.